Le fisc impose à Macron d’être soumis à l’ISF

« Je suis en règle avec l’ensemble des institutions, je peux le confirmer aujourd’hui sans aucun état d’âme », assure Emmanuel Macron ciblé par Le Canard enchaîné et de Mediapart au sujet de sa situation fiscale. Le patrimoine déclaré par le ministre, notamment la maison de son épouse au Touquet, n’avait pas été évalué au niveau correct. Un contentieux classique quand le patrimoine est au bord de franchir le seuil de l’ISF (1,3 million d’euros en dehors de la résidence principale).

Le ministre de l’Economie a donc vu sa situation fiscale corrigée pour les déclarations des années 2013 et 2014. Il ne s’agit pas d’un redressement fiscal. La réévaluation de son patrimoine immobilier lui fait franchir le seuil fatidique. Voilà donc Emmanuel Macron soumis à l’ISF. Le site Mediapart relève que le rattrapage fiscal imposé au ministre ne sera pas très lourd : moins de « 10 000 euros, intérêts et pénalités compris ». Interrogé à la suite de la publication de ces articles de presse, Emmanuel Macron n’a pas souhaité en dire davantage. « Je suis pour la transparence, je suis pour le contrôle régulier et intransigeant de tous les dirigeants. Mais je ne suis pas pour la société du déballage, a-t-il affirmé, estimant que, comme tout citoyen, il avait le droit au « secret fiscal ». Informé lundi, l’Élysée n’a fait aucun commentaire, pas plus que Michel Sapin, son collègue de Bercy. Après cette contrariété fiscale, il est probable que l’ambition du ministre de l’Économie fera éclore d’autres investigations.

Le Guen « redressé » par la haute autorité

Lors de sa déclaration de patrimoine devant la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique le 14 octobre 2014, Emmanuel Macron ne mentionnait pas la maison du Touquet, mais il affichait posséder un appartement de 83 mètres carrés avec terrasse acquis en commun avec son épouse en 2007 pour une valeur de 890 000 euros, revalorisé à 935 000 euros. Le couple a entre-temps cédé cet appartement et s’est installé à Bercy.

La Haute Autorité pour la transparence de la vie publique avait, pour sa part, déjà rectifié à la hausse le patrimoine de Jean-Marie Le Guen, qu’elle jugeait sous-évalué. En accord avec le secrétaire d’État aux Relations avec le Parlement, le patrimoine de celui-ci avait été rehaussé de 700 000 euros en juin 2014.